Historique


Un peu d’histoire:

C’est en Angleterre, vers 1830, autour des villes minières et industrielles que les premiers Brass Band ont vu le jour. Très vite, cette nouvelle formation, souvent dirigée par d’anciens musiciens de musiques militaires, a pris un tel essor que de nombreuses villes, manufactures et mines ont possédé leurs propres orchestres. Cette formation sera, pour beaucoup de travailleurs, leur soupape de décompression après une journée de dur labeur et l’occasion de se mesurer amicalement sous forme de concours, aux Brass Band voisins.

Hélas, ces concours, brassant beaucoup d’argent, attireront de nombreux escrocs et charlatans. Ces rencontres se nommeront les «money contests» (challenges de l’argent).

Face à cela, certains Brass Band se consacrant corps et âmes à la musique, se rencontreront dans des concours nommés les «true contests» (challenges de la vérité).

La parution, en 1887, du «BRITISH BANDSMAN», journal s’adressant spécialement à cette formation, conférera (et encore de nos jours) une unité autour d’une philosophie musicale Brass Band.

Il existe de nos jours plus de huit milles Brass Band en Angleterre. C’est à partir de la deuxième moitié du 20éme siècle que l’Europe du nord verra ce phénomène arriver à sa porte.

La disposition classique d’un Brass Band est en U. Les musiciens sont serrés les uns contre les autres de telle sorte de ne plus bouger les jambes. Cette disposition leur confère un son particulier, unique et d’une couleur phénoménale.

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Le Brass Band est composé d’un cornet soprano en mib (le plus petit instrument du Brass, situé à l’extrémité gauche), de 4 cornets sib solos (dont 1 principal, à la gauche du chef), 1 cornet sib repiano (à côté du cornet soprano), 2 deuxièmes cornets sib, 2 troisièmes cornets sib (à côté du cornet repiano) , 1 bugle sib (de la famille des saxhorns, à côté des cornets solos), de trois saxhorns alti mib dont 1 solo (à côté du bugle), de 2 barytons sib (de la famille des saxhorns, à côté des altos), de 2 euphoniums sib (instruments typiquement anglais, à côté des barytons), de 2 trombones ténor en ut (derrière les euphoniums), d’1 trombone basse en ut (à côté des trombones ténors), de 2 tubas mib (derrière le bugle), de 2 tubas sib (le gros instrument de l’orchestre, à côté des tubas mib) et de l’atelier de percussions (derrière les tubas).

Cette description des instruments disposés en U nous permet d’obtenir la meilleure transition entre les instruments les plus petits (aigus) aux plus grands (graves).

Deux particularités subsistent dans cette formation; la première étant la présence des percussions (Brass Band voulant dire «ensemble de cuivres») et le trombone à coulisse étant le seul instrument cuivre ayant une perse direct, cylindrique (alors que les autres cuivres ont une perse conique de la famille des cornets).

Cette nomenclature oblige chaque musicien de Brass Band à tenir une place importante au sein de l’orchestre; en effet, contrairement aux formations harmonie, tous ont un rôle important à remplir, personne ne peut se retrancher derrière un autre musicien.

Même si beaucoup de transcriptions d’œuvres classiques, légères ou de variétés ont été arrangées pour le brass band, de grands compositeurs (tels Jacob de HANN, Jann VAN DER ROOST, Stephen BULLA, Philipp SPARKE…….) ont écrits des pièces originales, des créations qui nous permettent de profiter au mieux des valeurs sonores de cette formation.

Une similitude avec nos harmonies et fanfares du Nord Pas de Calais :

En France également, c’est au moment de la révolution industrielle que beaucoup de musiques amateurs ont vu le jour dans les régions industrialisées comme le NORD et le PAS-DE-CALAIS, c’était aussi pour beaucoup d’ouvriers un moment de détente après des journées harassantes passées au fond de la mine, des usines de textile….. Ces harmonies et fanfares ont, elles aussi reçu des aides des entreprises ou industries (on comptait 4 harmonies des mines du Nord-Pas-de-Calais après la Seconde Guerre Mondiale, l’harmonie AGACHE de Pérenchies pour le textile et bien d’autres encore).

Tout comme nos voisins, la compétition existait entre harmonies (aujourd’hui encore et s’est même élargie à toute les formations; ces concours sont gérés par «la Fédération Musicale du Nord-Pas-de-Calais»).

L’alchimie de la franche camaraderie, l’envie de bien faire et l’esprit de compétition apportent, comme aux Brass Bands Anglais, un très haut niveau reconnu dans la France entière.

Il existe toutefois de rares différences, comme la formation en elle-même, le nombre de musiciens (plus nombreux dans les harmonies), le répertoire (même s’il s’en approche, il subsiste des différences dans la composition et l’exploitation des instruments).

Cela fait 25 ans que le mouvement Brass Band est arrivé en France. La région Nord-Pas-de-Calais, grâce à son histoire socioculturelle, en fût une des précurseurs. Il existe aujourd’hui dans notre région un «Brass» professionnel (le Brass Band Nord-Pas-de-Calais) ainsi que des «Brass» amateurs (le Brass Band d’Haubourdin, le Brass Band des Hauts de Flandres, le Brass Band Atout Vent, le Brass Band Concordia de Lesquin, le Brass Band de la Gorgue) et des Brass Band junior (le YouthBrass Atout Vent, le Brass Band de Cuincy, le Brass Band de Bruay la buissière). Chaque année, des concours nationaux sont organisés afin d’élire le champion de France qui représentera son pays au concours «Européen de Brass Band» (le Brass Band Nord-Pas-de-Calais a été élu champion en 2002 en section B).